Les Sentinelles

un spectacle écrit par Jacques Chambon
mis en scène par Patricia Thevenet

Une coproduction

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Evedia - Théâtre comédie Odéon - Karavan Théâtre, Mairie de Chassieu
Avec le soutien de la ville de Lissieu, Le Lissiaco

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Patricia Thevenet - Mise en scène
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Brigitte Jouffre - jeu
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Stéphane Margot - jeu
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Jacques Chambon - écriture et jeu
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François Bourde - Jeu
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Marion Jouffre - Costumes
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Denis Servant - Lumières
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Laurent Lacroix - administration
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Aurélie Gaillard - chorégraphies
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Maxime Jullia - musiques


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Une frontière entre deux pays se ressemblant trait pour trait mais qui s’affrontent régulièrement depuis la nuit des temps. Deux barrières, deux guérites et deux soldats. Sentinelles perdues dans un désert où rien, encore, ne se passe, ils attendent la prochaine et inévitable convulsion guerrière. Ils se regardent et se reniflent en chiens de faïence que rien ne sépare vraiment, sinon la frontière et la propagande de leur gouvernement respectif. Ils vont être rejoints par un errant magnifique, réprouvé apatride et universel fuyant la persécution. Puis par une femme chargée de bagages, prophétesse maternelle qui pressent l’arrivée imminente de la catastrophe et s’apprête à accueillir les enfants qui seront, comme à chaque fois, jetés sur les routes.
C’est le récit de cette coexistence, entre farce tragique et conte humaniste, auquel est invité le spectateur.
Crédit photos © Marie Guerin
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Une étendue désertique, hérissée de deux guérites. Deux barrières, incongrues dans cet espace. On peut être n'importe où… Balkans, Proche-Orient… Il fait chaud et la poussière marque toute chose.

Deux sentinelles.

Gardes-frontières dérisoires… Cousins du Giovanni Drogo du "Desert des Tartares" ou du "Général de l'Armée Morte" de Kadaré. Ils sont coincés dans ces confins par la décision d'une hiérarchie, ou par leur volonté de se soustraire au monde. Leurs pays se ressemblent comme des frères et se font la guerre de toute éternité.

Badiar
... Chez nous tous les hommes valides sont soldats quand le pays est en guerre.

Amos
C’est pareil chez nous... Et comme le pays est en guerre depuis toujours, c’est un pays qui ne ressemble à rien.

Badiar
Ca me fait mal au ventre de le dire, mais je suis d’accord avec toi... C’est un pays de merde que le tien.


Deux passants.

Un homme sans patrie. Incarnation de toutes les diasporas, de tous les peuples errants. Il a senti souvent dans son dos le souffle aigre de la haine qui le poursuit. Il a toujours gardé une longueur d'avance. Il a aussi acquis une sagesse ironique et une liberté de parole proprement subversives.

Coban
Pire! Glissement sémantique. D'indésirable, j'étais devenu intolérable. Alors je suis reparti avant d'être exterminable.

Une femme. Mère absolue. Elle sait que les enfants sont toujours seuls face à la catastrophe guerrière. Elle a choisi de les recueillir un moment, le temps de les vêtir, de les serrer contre elle, et de leur peigner les cheveux. Le temps, surtout, de les convaincre de leur innocence.

Dina
Mes enfants, tes enfants, leurs enfants! Possessif imbécile! Propriété abusive! Les enfants sont les enfants de tous.

Leur langue à tous est une langue soignée, travaillée. Comme un patrimoine commun qu'ils ne soupçonnent même pas mais qu'ils entretiennent avec constance.

Une petite communauté de vie va se créer entre eux, malgré eux. Elle se construira autour de rituels quotidiens : le repas, la fête; mais aussi autour d'événements provoqués par de lointaines décisions officielles.

Et la guerre qui approche.
Et la musique, comme réminiscence d'une harmonie perdue.
Et la danse, comme exorcisme de leurs peurs.


Avec Brigitte Jouffre, François Bourde, Jacques Chambon et Stéphane Margot
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